Les CHRONIQUES de KANSAIJIN 1

Publié le par Kansaijin

Avec ma veste d'intérieur Hantèn

Avec ma veste d'intérieur Hantèn

Le 27 mars 2017

Ce matin le rossignol japonais a fait ses premières ébauches maladroites de mélodie printanière. Il est en retard! D'ordinaire il chante déjà avant la mi-mars! C'est une année froide où la douceur se fait attendre. Je n'ai toujours pas quitté ma veste d'intérieur Hantèn et me réchauffe encore de bains chauds parfois parfumés avec un peu de cette poudre qui trouble l'eau pour la rendre laiteuse.

Le train, toujours le train, propre, serein, avec ses longues banquettes qui se font face. On me regarde comme de coutume d'un air intrigué, et plus encore en ce moment, avec mon manteau vert prairie printanière. Rares sont les Japonaises qui oseraient le porter, de peur qu'on les juge de "celle qui veut se faire remarquer"! Mais elles disent quand même que c'est très joli sur moi, et que je peux me le permettre, parce que je suis une Occidentale, une Française de surcroit. J'aime les couleurs.

Ils me regardent, toutefois sans agressivité, m'enlèvent juste un peu de mon humanité. Je les laisse, c'est comme ça. Même si parfois j'aurais bien envie de leur demander s'ils "ont un problème"! Perte de temps, gouttes d'eau dans la mer. J'ai des choses plus constructives à faire de mon énergie. Mon parfum les fait parfois fuir avec un regard de reproche. Il faut que je fasse attention de ne pas trop empiéter sur leur espace olfactif! Même si bon nombre, dans la rue m'envoient d'épaisses trainées de gaz de leurs scooters en passant. Leurs visages sont inexpressifs. Un air triste serait impoli, saperait l'atmosphère. On n'a pas à imposer ses mauvaises dispositions aux autres. Ils n'y sont pour rien. De même qu'un visage trop joyeux serait perçu comme un pied de nez. Il ou elle a l'air heureux, tant mieux, mais on en a rien à faire de sa vie, et il y a des gens pour qui ça ne va pas aussi bien, alors par respect "cache ta joie". Tel ont été éduqués les Japonais, pour préserver une atmosphère neutre donc sereine, sans heurts, tous ensemble.

Une fois assis, la plupart, comme en France je suppose et ailleurs, sont absorbés par le petit écran de leurs smartphone qu'ils appellent SUMAHO, en agitant leurs petits doigts, la tête reposée sur leur menton qui se double. Moi je préfère regarer dehors, ou lire un bon vieux livre papier en baissant les yeux, pas la tête, veux pas de double-menton, ni creuser mes sillons naso-géniens. Depuis le début de l'année, je me délecte des Christian Signol qui sentent bon la France, mon enfance, avec ses paysages, ses saveurs, ses odeurs, avec leurs personnanges attachants qui me rappellent tous au moins un de mes ancêtres.

Je regarde les maisons aussi, collées les unes aux autres. Moins d'un mètre à peine les sépare des voisins. Les fenêtres sont petites, peu nombreuses, et parfois floutées pour plus de discrétion. Les vues se résument parfois à un mur ou la fenêtre du voisin. Les voitures sont garées dans un creux du batiment qui réduit encore la surface habitable, un l'impression de rentrer dans sa cuisine en voiture! Les balcons sont minuscules et ne servent qu'à faire sécher le linge et les futons sur deux typiques barres métalliques parallèles. Mais les gens sont heureux, un "my home" comme ils disent, une consécration. Je ne comprends vraiment pas cette idée de rêver d'habiter une petite maison sombre à la vue souvent tristounette depuis une partie des fenêtres, sans véritable balcon, sans jardin. Des amis ont vendu leur bel appartement ensoleillé pour se faire construire une de ses bâtisses qui leur a couté deux fois plus cher sur une même surface! Bon, ils voulaient un chien, et c'est interdit en appartement.

J'avais participé un jour à une émission télévisée sur le thème de cet engouement des Japonais du "My home". Un homme était même allé jusqu'à se faire construire sa maison en plein milieu d'un carrefour entre deux routes. Son chez lui avait tout juste la largeur d'un bus! Une fois de plus, chacun son bonheur et c'est l'essentiel. Ceci dit, j'aime bien leurs bonsaïs, leurs fleurs longeant leurs murs que parfois un vieux monsieur en marcel vient tailler ou arroser.

Voilà pour cette fois. J'attentds, et cela comme tout le monde, la douceur et la magnifique explosion des fleurs de Sakura au début d'avril. Amazon vient de me livrer de nouveaux Signols et quelques Rahan, je vais savourer quelques jours de congés d'intertrimestre et préparer de nouvelles sortires dans le magnifique Japon!

Le 4 janvier 2017

Voilà, accaparée depuis mes dernières chroniques, nous voilà déjà en 2017. Est-il utile de préciser que le temps passe à une vitesse...

Mon petit bilan de 2016 au Japon...encore de belles balades car il y a tant de belles choses à voir dans ce pays, comme en France d'ailleurs!

Nous avons passé, comme toujours un Noel traditionnel à la maison, avec notre sapin express, en îlot au milieu de milliers de gens qui ne font rien de tel.

Mes étudiants à qui je confectionne chaque année des Brédélé alsaciens m'ont fait oublier qu'ils m'exaspèrent malgré eux souvent avec leur prononciation surréalite en français, avec leurs "biboulé" pour dire "vivre", leur "oulou"pour "heureux", leurs "lèbè"pour "rêve"et j'en passe (beaucoup), avec leur gratitude chaleureuse à m'offrir tout un tas de messages, présents à en être prèsque gênée. J'ai même été invitée dans un grand restaurant de tempura à Osaka dans un cadre traditionnel japonais de luxe antique où l'atmosphère transporte à travers  le temps. A retenir.

Pour la dernière leçon de l'année, j'avais travaillé avec les pamphlets de gâteaux de Noel. Il s'agissant d'en choisir en se concertant mutuellement. J'avais proposé l'un de ces magnifiques miroirs au chocolat avec dorures. Oh, non, m'a répondu une dame d'une cinquantaire d'années, c'est "trop adulte (OTONA )ça" !??? "Noel, ça doit faire "enfant"; il faut du rouge, des fraises! Et ça doit être KAWAII (mignon)! C'est CA l'esprit de Noël non?" Perception, perception...

Une voisine est venue sonner à notre porte pour nous apporter quelques Ponkan, un agrume japonais parmi une multitude d'autres, avec une amusante excroissance sur le dessus. C'est une habitude du pays aussi. Lorsque l'on reçoit trop de fruits ou légumes, de les partager avec ses voisins, et toujours en nombre impair, 3 ou 5, qu'il n'est pas possible de séparer. Un goût léger d'orange prèsque sans acidité, et plus vaporeuse avec une chair moins compacte. Intéressant.

Un Ponkan!Un Ponkan!

Un Ponkan!

L'année 2016 a été marquée aussi pour nous par le grand distributeur en gros américain Costco qui propose quelques aliments de rêve pour les expatriés occidentaux comme nous que je n'aurais jamais osé imaginer au Japon. Hier soir, par exemle nous avons mangé une raclette! La première depuis que je suis installée dans le pays. Nous y trouvons des barquettes de framboises!!! les premières que je mange en hiver! du fromage et des yaourts grecs qui relevaient jusqu'ici de l'utopie...

Du point de vue vestimentaire, j'ai découvert le vendeur en ligne japonais de chaussures Locondo. Avec mon énorme 39 de pointure (25 ou LL au Japon), j'y ai enfin trouvé des chaussures à ma taille avec un desing décent et pourvues d'un talon! Impossible à trouver en ville, et si je les commande en France, la douane me taxe 40 euros supplémentaires pour chaque paire pourvue de la moindre parcelle de cuir, même pour une lanière de sandale.

Des instants agréables et belles sorties aussi entre amis, et je suis heureuse aussi d'avoir fait la connaissance d'une nouvelle amie japonaise francophone qui se reconnaitra...

Nouvel an s'est bien passé en toute convivialité dans la grande famille de mon homme. C'est très chaleureux. Ce fut touchant de voir cette petite fille pendue au cou de son papa en lui disant qu'elle l'aime, ces discussions à bâtons rompus pour n'exprimer que la joie d'être ensemble, les premiers rires de l'année...

Comme toujours, certains propos qui décoiffent aussi! Ma belle-mère : "J'ai demandé à une amie quel était l'évènement le plus désagréable de l'année passée, et celle-ci m'a répondu que c'était son mari (qui se trouvait depuis plus d'un an en mutation à quelques centaines de kilomètres pour une mission de travail et habitant seul sur place séparé de sa famille) qui était revenu habiter au domicile familial". Eclat de rire général. Le couple de ma belle-soeur se trouve aussi d'ailleurs, actuellement dans cette situation. Je lui ai dit que ce devait être triste pour elle. Bien entendu, elle me dit que non, pas du tout, et son mari en face d'ajouter qu'il se plait bien dans son petit studio au vert, en pleine campagne, à manger le soir en solitaire son pot-au-feu japonais (Nabé) après le travail.

Voilà, et pour cette année aussi, je voudrais vivre le meilleur du Japon en tant que Française, en évitant un maximum ce qui ne me convient pas, avec encore de belles balades que je viendrai partager ici.

Je suis contente que beaucoup apprécient ce blog, tout en étant consciente qu'un certain nombre tombent fortuitement sur ma page d'accueil et, déçus ( j'en suis désolée) repartent aussitôt. Sincèrement j'aimerais bien que mes visites quotidiennes dépassent les 100 (qui est tout de même déjà bien), suis envieuse des bloggeurs qui dépassent les 1000. Je pensais aussi à une possibilité de davantage d'échange... Bon, c'est l'époque, tout va si vite, et il est évident que le support "blog" est dépassé depuis quelques années. DIre qu' autrefois, les gens écrivaient des journaux intimes et s'offusquaient si quelqu'un les lisait, alors qu'aujourd'hui on se confie à toute la planète en se vexant de ne pas être assez lu! Ouiiii, je sais, il faudrait que je youtube, que je tweete, que j'instagramme, que je line... au quotidien, tout un business chronophage quoi... Mais je l'ai déjà dit précédemment, je n'aime pas du tout, et j'en ai peur, l'idée que ma vie passe par un petit écran communiquant avec tout le monde et personne, me nourrissant de "likes" parfois factices et que l'on peut même échanger, voire acheter (bon ne vous privez pas tout de même hein)!!! Mais je continue, ne serait-ce pour moi-même, par plaisir, un peu comme un journal de souvenirs à garder et à partager, pour mes amis, et pour vous, abonnés et autres, qui, je sais que vous êtes des dizaines, aimez sincèrement me lire. Merci également à tous ceux qui ont acheté mon livre.

Encore une très bonne année à tous, et à bientôt pour de nouvelles balades

Kansaijin

 

 

 

 

Le 9 décembre 2016

Voila, nous entrons tout doucement en saison de porter nos vêtements d'hiver. Mais les paysages sont des plus automnaux ; les montagnes sont rouille sous le ciel bleu. Nous avons encore des maximales de 15 degrés environ, et quelques petits déjeuners sur le balcon. La saison des érables rouges et de ses foules est terminée, et on dirait mi-octobre en France. Notre région semble avoir deux mois de retard. Ca me fait toujours drôle avec toute cette féérie de lumières de Noel!

J'ai décoré la maison et sorti mon sapin, celui qui se présente ratatiné dans une boite carrée et qu'on tire vers le haut, pour le fixer ensuite avec des barres vertes à l'intérieur. Tout y est déjà, boules, guirlandes, lumières. J'avais été déçue quand mon mari l'avait apporté, de ne pas pouvoir le décorer... Finalement, je suis contente, monté en deux minutes, démonté aussi, et il prend une place limitée dans le placard. Le pratique, le compact, la technologie le Japon!

Même si ces décorations, ces pères Noel, ces chants incessants sont omniprésents à l'extérieur, jusqu'aux caissières de mon supermarché qui portent des cornes de rennes en peluche enguirlandées (ce type de ridicule ne les gêne pas), les Japonais qui n'ont pas d'enfants en bas-âge ne font rien. Oui, une fois de plus, les réjouissances dans ce pays semblent être réservées aux enfants. M'enfin.

Sinon, nous avons commencé à chauffer la lunette de nos toilettes électriques, et je n'ai toujours pas de smartphone. Je n'en ai pas besoin. Je n'ai pas envie de payer l'équivalent de 50 euros par mois de plus que les 30 que je paye déjà, ce qui en fait 600 par an, pour continuer encore à l'extérieur à faire passer ma vie par un petit écran. Je n'aime pas trop me couper de la réalité des choses qui m'entourent et trouve cela inquiétant aussi. Dans le train, je préfère un bon livre. Je me suis donc acheté une tablette, et n ai su qu'alors seulement qu'Amazon France ne téléchargeait pas ses e-books hors métropole à part la Suisse et la Belgique. Génial.

Donc, mon téléphone portable est encore un modèle d'origine, appelé d'ailleurs pour cela au Japon : "type Galapagos", ou "Gala Kei". Oui, une terre originelle avec ses iguanes et sa faune préhistorique!

J'ai aussi cessé mes couleurs de cheveux à l'ammoniaque, car me les abiment tout en me les faisant virer à l'orange ou au rouge quelque soit la nuance recherchée. Surtout qu'à chaque fois je ressents des picotements sur le cuir chevelu. J'ai lu sur le net aussi que c'était dangereux pour la santé. Une connaissance m'a conseillé ce qu'ils appellent "Hair manucure"!??? De la manucure pour cheveux?! Oui, parce qu'en japonais le vernis à ongle se nomme "manucure" et ce produit est donc comme un vernis appliqué sur les cheveux. Sans ouvrir agressivement les écailles, il se contente de gainer le cheveu en le protégeant en même temps des agressions extérieures. Je crois qu'il s'agit de ce qu'on appelle en France : Shampooing colorant... Résultat : plus de picotement à chaque application, des couleurs naturelles, du brillant. Le seul gros bémol: la couleur qui part avec chaque shampooing et qui lui donne une terrible mousse brune. Sinon, je suis satisfaite du Hair Manucure!

Ma fille étudie encore d'arrache pied pour ses examens d'entrée dans une meilleure université possible. Elle en est devenue myope!!! Oooh non! Je comprends maintenant pourquoi la myopie touche tant d'Asiatiques. Ce ne doit peut-être pas être génétique.

Moi, comme vous voyez, j'ai fait pas mal de belles balades, avec deux amies japonaises qui me disent qu'elles se sentent bien avec moi, car elles peuvent être spontanées et exprimer leur pensées sans fioritures, chose qu'elles peuvent rarement faire avec leurs compatriotes. Incroyable! Moi qui pensais qu'ils communiquaient, s'exprimaient, s'affirmaient, mais autrement, à leur façon et se sentaient ainsi à l'aise! Bon, je dois probablement attirer ce genre de personnes qui en ont marre que la communication se limite à faire du bruit ensemble sur des schémas stéréotypés...

Mme F,  m'a raconté que l'une de ses amies, la quarantaine passée, célibataire, vivant avec ses parents, ne manquant de rien, et ayant tout le temps pour se distraire lui aurait dit: Oh, vous savez, qu'est ce que je suis fatiguée émotionnellement! Haaa, j'ai tant à penser! Oui, mes deux neuveux sont en plein examens d'entrée à l'université!

Mme F me dit à voix basse : J'aurais voulu lui dire "Ca va pas la tête?", mais au Japon ça ne se dit pas.

Moi : Qu'est ce que vous lui avez dit alors?

Mme F: Eh bien ce qu'il faut, "Aaaah Taihèn néééé (c'est duuuur hein) avec une grimace de compassion. Et pour une autre, c'est pareil, elle a tant de problèmes avec son mari que j'ai envie de lui dire "ce serait peut-être mieux de divorcer". Mais ce n'est pas ce qu'elle veut entendre! Elle m'en voudrait! Elle a juste envie de vider un peu son sac et qu'on lui dise "Ganbatté (courage), et Daidjôoobu (ça iraaa).

J'ai parlé de cela à K, qui a vivement approuvé. Elle me dit que ce sont des discussions fatigantes très japonaises qui n'apportent rien. Nous déjeunons au restaurant. Je lui dis que que la cuisine est trop grasse. Elle est d'accord, et me dit qu'une Japonaise n'aurait jamais osé dire cela. Il est convenu de dire que c'est bon, même si chacun paye sa part. Sinon, ça "plombe l'atmosphère" voyons! Elle dit qu'avec moi, on peut ainsi exprimer ses véritables pensées, exister en somme. Elle ajoute qu'entre femmes, il est convenable de se faire positivement des éloges, de dire par exemple à une dame qui dit qu'elle se trouve vraiment trop grosse "oh mais pas du tout, pas du tout" (Zèèènnèn)! Et le comble est atteint lorsque,  à celle qui se plaint de violence physique de la part de son mari, on répond "Oooh, mais ça c'est aussi une preuve qu'il t'aime, il faut faire Gamman (persévérer). A ce point c'est grave, et dangereux. Je suis sidérée. Oui, la culture japonaise de l'harmonie a ses travers...

Plus les années passent, et, paradoxalement, plus je me sens française. Leur langue, leurs codes me fatiguent, et je sais que je n'arriverai pas, et je ne veux pas non plus me les approprier. Je suis La Française au Japon, c'est ça ma place, et c'est d'ailleurs comme ça qu'ils me préfèrent, les Japonais.

Voilà, notre climatiseur s'est transformé en chauffage et j'ai vêtu ma traditionnelle veste d'intérieur japonaise  Hantèn, que les locaux ne portent plus, ou alors quelques vieillards, de préférence au fond des campagnes,  un truc de Gaijin (étrangère) en extase quoi!

Voilà pour aujourd'hui

A bientôt!

 

Jeudi 20 octobre 2016

Coucou! Me revoilà pour une page de chroniques. Bon, comme j'habite ici depuis longtemps, je n'ai pas de grands challenges ou découvertes insolites à raconter. Je suis installée, et la vie quotidienne suit son cours.

En ce moment, en ouvrant mes fenêtres le matin, un léger parfum délicieux de fleurs de Kinmokusei (voir l'article) embeaume l'air. Il faut dire que mon quartier regorge de ces arbres, et c'est un plaisir de marcher jusqu'à la gare. Et maintenant est la meilleure saison pour déjeuner sur le balcon! J'ai encore prèsque 28 degrés dans ma cuisine le matin, mais il faut dire que cette année est un peu exceptionnelle! Du point de vue typhons aussi, ils se sont succédés à ne plus en finir. Et ils ont endommagé certaines cultures aussi, ce qui nous donne maintenant des laitues à 4 euros 50! Je me demande qui les achète d'ailleurs.

J'aime plutôt bien cette température, et me sens privilégiée héhé à pouvoir me promener en Tshirt alors qu'il fait 8 degrés en France! Les pauvres! Mais ce qui est embêtant, c'est qu'ils chauffent déjà sous les banquettes des trains! Chauffage règlementaire qui fonctionne au calendrier! Quelle rigidité encore, eux qui veulent faire des économies d'énergie!

Sinon, j'ai pris un peu ce pli de vivre aux couleurs des saisons et j'ai changé les Etégami de mes cadres sur le thème de l'automne. ☆Les Etegami sont des peintures japonaises traditionnelles sur cartes à envoyer avec un petit message en harmonie avec les saisons. Une tante de la famille a cette passion, et je collectionne toutes les cartes qu'elle m'envoie pour en décorer mon salon.

En cette saison aussi, de gros insectes se promènent. S'il y a beaucoup de minutie et de miniature au Japon, les insectes sont dignes de jurassic parc, tellement ils sont GROS. Si l'été ce sont les libellules de 10 cm, les cigales de 7 et les cafards dégueulasses de 6, maintenant je trouve des mentes religieuses longues comme la paume de ma main sur le perron de chez nous, des mille-pattes de 10 cm se promènent sur les chemins forêstiers (parfois même dans les maisons de bois!), des monstres d'araignées noires au ventre rayé tissent leur large toile entre les arbres, et des Suzumé-batchi, ces gros frelons asiatiques appelés "abeilles moineaux" étant donné leur taille rôdent et l'une d'elles m'a chargée alors que je jouais à la pétanque sur un terrain arboré. Elle ne m'a pas piquée, mais fait quelques pas sur ma tempe!, elle devait faire 5 cm, elle était énorme. J'en reste assez traumatisée et me suis promise de ne plus mette de crème parfumée ni de parfum dans les coins de nature.

Rien à voir avec les saisons, mais me suis acheté quelques nouvelles pièces de vaisselle en céramique sur un petit marché qu'ils font de temps en temps en plein air. J'ai un faible pour les céramiques, et si en plus elles ont jaunes (ma couleur préférée à la cuisine)...

Voilà, les saisons tournent, encore un automne de plus au compteur. Autant j'étais enthousiaste à vouloir faire ma vie dans ce pays, autant le fait de vieillir ici me donne parfois le blues. J'étais venue avec cette idée de "citoyenne du monde" qui s'installe dans un pays passionnant, que j'allais me sentir comme un poisson dans l'eau dans le pays et dans la langue au fur et à mesure du temps... mais j'ai été bien naïve. J'ai l'impression que notre culture et l'environnement dans lequel on a grandi, à peu de choses près, tient une grande part dans ce que nous sommes, nos références, et c'est pourquoi je, comme la plupart des autres Occidentaux, ne me sens pas encore, et ne me sentirai jamais tout à fait en phase avec l'ambiance générale d'ici, aussi bien du point de vue de l'environnement que de la mentalité. Et c'est comme ça. J'ai eu une période de culpabilisation, pour manque de capacité d'adaptation, d'efforts... Maintenant je comprends que ça ne vient ni de moi, ni des autres, juste une méconnaissance des choses, que j'ai mis trop de temps à comprendre. J'aime toujours ce pays et j'ai étudié cette langue exotique avec passion, mais ce n'est pas "moi". J'ai décidé de garder mon authenticité, que les gens apprécient d'ailleurs plus qu'un Gaijin (étranger) qui joue au Japonais et qui parle leur langue tellement bien qu'ils en prennent peur (dixit des Japonais).Et je me sens plus légère. Je prévois aussi pour les années à venir des séjours de plus en plus longs en France, dans mon Alsace natale bien sûr où habite ma toute petite famille, mais surtout dans cette région que j'adore et où je me sens tellement bien, la Provence! avec la Méditerranée, la mer que je crois que je préfère au monde!
 

Mes Etégami 絵手紙 d'automne. Mignon et stylé, non?Mes Etégami 絵手紙 d'automne. Mignon et stylé, non?
Mes Etégami 絵手紙 d'automne. Mignon et stylé, non?Mes Etégami 絵手紙 d'automne. Mignon et stylé, non?

Mes Etégami 絵手紙 d'automne. Mignon et stylé, non?

Mes nouvelles céramiques. En bas, c'est un plat à poisson, mais je vais l'utiliser pour des cakes!

Mes nouvelles céramiques. En bas, c'est un plat à poisson, mais je vais l'utiliser pour des cakes!

Mercredi 14 septembre 2016

Ce matin, le soleil est revenu, et les températures, même si encore chaudes, se font plus décentes, et nous avons pris notre premier petit-déjeuner de l'été sur notre balcon, sur notre nouvelle table et chaises style Asie du sud-est. Un épanouissement pour la Française que je suis, même si, comme celà reste une habitude pour le moins marginale ici, j'imagine aisément les regards médusés des gens du voisinage derrière leurs façades opaques.

Nous avons pas mal de typhons cette année. Eh oui, c'est la saison. A chaque fois que l'un d'eux se profile à l'horizon, du côté de la mer des Philippines, on dit que "là, celui-là, il est énorme, DEKAI". Mais bien souvent, il change de direction, ou s'affaiblit en dépression ordinaire, nous laissant des trainées de pluie et d'humidité tropicale. En effet, j'ai encore 30 degrés le matin dans ma cuisine, et là, devant mon ordinateur, je me sens à peu près à l'aise, même si mes avants-bras collent sur la table sous le clavier, mais il me suffit de me lever, de passer l'aspirateur quelques minutes, m'agiter un peu, pour me retrouver en "trans"du type sauna 50 degrés. Le climatiseur n'a donc pas encore fini sa saison, même si le ventilateur ne travaille plus la nuit. Alors nous dormons enfin la fenêtre ouverte, bercés par le chant doux des cri-cris des nuits d'automne sous le ciel où clignottent les étoiles. J'aime ces bruits de la nature. Ils m'apaisent.

Les arbres sont encore verts sans quasiment aucun signe automnal. C'est le début de l'"été indien", comme chaque année, qui promet de douces journées jusqu'en novembre, notre magnifique arrière-saison, une époque de l'année où j'apprécie particulièrement d'être au Japon.

Pas de temps brouillardeux, froid, qui sent les vieilles feuilles mouillées. Mais je me souviens tout de même avec quelque nostalgie de l'odeur de cuir des cartables mêlée à celle des chocos BN, celle de la pomme et du vieux bois patiné de la rentrée des classes, dans mes habits tout neufs encore raides.

Ici, les cours ont aussi repris, mais là, il s'agit seulement de l'année scolaire qui continue, parce que la rentrée des classes se fait en avril ici, sous les cerisiers en fleurs, une toute autre atmposhpère! Mais cette année ma fille n'a pas eu droit à des vacances dignes de ce nom.Les cours se sont arrêtés pendant un mois et demi certes, mais elle a du, comme le veut la tradition pour les éléves de 3e année de lycée, rester confinée dans sa chambre à étudier en vue de ses examens d'entrée dans la meilleure université possible. "Votre avenir est en jeu et dépend de cet été", répètent les professeurs, et même les parents. Une aberration à mon sens. Pâle, un peu cernée, elle et fière d'avoir tenu le cap de ce dur passage obligé dans la vie d'un jeune Japonais. Elle ne s'est permis qu'une seule journée à la plage avec ses copines. Et les lycéens n'ont plutôt pas intérêt à reprendre les cours bronzés en septembre sous peine de les faire sournoisement culpabiliser à être sortis, ces fainéasses! Un cap à passer, l'an prochain ça ira mieux. Dans les universités japonaises, le plus dur, c'est d'y entrer, après, c'est là que l'on vit je crois les moments les plus épanouis de la jeunesse! Quelle société!

Pour moi aussi, c'est la reprise, je retrouve mes sympathiques étudiants qui continuent cependant à me sortir leurs "perles" à m'en laisser sur le derrière! Alors, je me suis dit que pourquoi  ne pas les rassembler pour en faire un collier! Si quelqu'un veut m'aider, il est le bienvenu!

Alors commençons :

- Mon fils 22 ans, dit une dame.

-Oh, ah bon? Il fait du bunji jump??!!, s'exclame une autre

Euh, oui, effectivement, la ressemblance est frappante, enfin seulement si l'on considère leur prononciation du français typiquement japonaise:

22 ans (BAN' Djiuu JAN')  Surréaliste! ;)

A bientôt!

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Michel 11/01/2017 14:04

Bonjour ou bonsoir et bonne année.
Je vous offre cette jolie formule de Mme de Sévigné.
"Que cette année vous soit heureuse ; que la paix, le repos et la santé vous tiennent lieu de fortune."
Petit bonus une vidéo que j'ai faite à la Maison de la Culture du Japon à Paris;
https://goo.gl/photos/wqjPrnXzA5sV4PFb9
A la MJCP j'ai eu le bonheur d'assister à une conférence de Muriel Jolivet sur les pélerinages dans l'ile de Shikoku. Cela ne vous tenterez pas d'effectuer un de ces pèlerinages? Il existe des formules avec transport des bagages. Amicalement

Kansaijin 16/01/2017 01:52

Merci beaucoup Michel pour vos voeux. Je vous souhaite tout cela à vous aussi, ainsi qu'à votre famille.
Dommage que je ne parviens pas à afficher la vidéo...
Oui, ce pèlerinage à Shikoku est très à la mode en ce moment pour les étrangers et il y a beaucoup de Français! (vu un reportage à la TV japonaise) Vous avez l'intention de vous lancer aussi?

En ce qui me concerne, à vrai dire, je me sens un peu en overdose de temples :) et j'aspirerais plutôt, au jour d'aujourd'hui (expression à la mode on dirait en France depuis quelques temps!), à St Jacques de Compostelle, ou, au Japon, aux sentiers de Kumano, jumelé d'ailleurs avec St Jacques... Pour Shikoku, je voudrais voir plutôt les paysages naturels. Il y en a de beaux, avec la mer, ou la montagne...
Je suis contente que vous suiviez encore mon blog. Amicalement

Iyori 09/01/2017 07:26

Moi je te suis toujours depuis un an et j'adore ton blog. J'espère que tu continueras longtemps. Bonne année à toi aussi ! Bisous !

Kansaijin 09/01/2017 11:03

Merci beaucoup pour ton message :) Bisous aussi!

Mathis 24/10/2016 14:14

Oui dès que possible en tout cas.

Kansaijin 25/10/2016 10:48

Je t'attends ;)

Mathis 23/10/2016 19:55

J'aimerais bien y être en vacance en ce moment, en effet les feuilles sont pourries au sol et il commence à faire bien froid en France.

Kansaijin 24/10/2016 08:55

Il faut venir! Octobre et novembre sont les périodes les plus agréables pour visiter le Japon! Aujourd'hui 22 degrés et les feuilles commencent à peine à prendre des couleurs! ;)
L'année prochaine?