Les CHRONIQUES de KANSAIJIN 2

Publié le par Kansaijin

Les CHRONIQUES de KANSAIJIN 2
En ce moment, c'est la saison des Biwa, qu'on appelle bibas à la Réunion, ces nèfles des pays chauds. Une consistance assez dure avec un goût, on va dire d'abricot acidulé et pas trop sucré. Fin et rafraichissant.

En ce moment, c'est la saison des Biwa, qu'on appelle bibas à la Réunion, ces nèfles des pays chauds. Une consistance assez dure avec un goût, on va dire d'abricot acidulé et pas trop sucré. Fin et rafraichissant.

Le 19 juin 2017

Bonjour mes amis, mes abonnés et les passants! Me revoilà pour mes chroniques.

Aaah, l'été, mes poignets commencent à coller sur la table sous mon clavier en pianotant ce message. J'ai ouvert toutes mes fenêtres afin de ventiler ne serait-ce qu'un peu la lourde chaleur ensoleillée d'aujourd'hui. Il fait 30 degrés dans mon salon rideaux fermés. Le rossignol chante encore sa mélodie pittorèsque dans les arbres épais frissonnant à peine sous le vent léger.

 

Cette année, la saison des pluies, qui a débuté le 7 juin, s'est annoncée par un déluge et une journée infinie de pluie battante. Puis, des ciels bleus "de Provence" avec des soirées juste agréablement fraiches, où j'ai profité de mon balcon un peu fleuri, pas trop pour rester "zen", où j'ai posé des hibiscus jaunes et orange, des volubilis bleus comme la mer que j'ai fait grimper le long de ma fenêtre et dans les branches de mon petit olivier. Et aujourd'hui ça y est, c'est l'été, le vrai, le chaud, l'écrasant qui s'installe... Nos ventilateurs et climatiseurs vont se mettre au travail. Leur saison débute. J'ai sorti les fines couvertures-serviettes bleu ciel pour la nuit.

Même s'il fait beaucoup trop chaud, que beaucoup de femmes, et c'est de pire en pire, s'emmitoufflent dans des tissus noirs, foncés, sans formes jusqu'aux yeux, et qui parfois ressemblent à Star Wars (voir mon articles sur les styles d'été), que ça me déprime assez, j'aime l'été, pour son intensité, car il contient, il foisonne, il fleurit de cette intense énergie de vie, de maturité et de joie. Du vert, des fleurs qui éclosent partout , dans le moindre interstice. Les hortensias sont magnifiques de leur bleu éclatant ; les gardénias blancs, crémeux embaument de leur parfum de rêve, ...

 

Alors, depuis mon dernier article... J'ai participé à une émission télévisée, où nous étions un petit groupe d'étrangers à vanter les mérites de la région où nous habitons, le Kansai. Oui, c'est vrai, et je le leur ai dit : je ne voudrais habiter nulle par ailleurs au Japon. C'est un fabuleux cocktail d'anarchie ludique de l'immense Osaka, de berceau de la culture, et de la beauté traditionnelles de Kyoto, avec ses magnifiques temples et jardins, et de l'élégance à connotation occidentale de Kobé entre mer et montagne, avec l'air marin de son port. Oui, et aussi, lorsque je rentre de Tokyo, où je me déplace quelquefois, je ne saurais très bien l'expliquer, mais je trouve le Kansai plus lumineux, plus chaleureux, plus solaire... J'ai pu réaliser une expérience Sumo au fin fond de la campagne de Nara, sur un ground d'entrainement de véritables Sumos, dans un endroit appelé Kehayaza. Nous avons parlé aussi du poivre Sansho de la préfecture de Wakayama. Les grands chefs cuisiniers et pâtissiers français ont découvert, effectivement, cette délicate saveur fraiche piquante comme si un léger nuage électrique infiltrait notre bouche. Ils l'utilisent pour le poisson, bien sur, mais en parfument aussi le chocolat, les macarons... Nous avons goûté à ces fameux chocolats sur le plateau. Très fin et... intéressant que cette douceur crémeuse qui laisse place peu à peu à des pointes de fraicheur agrumées. Les Japonais du plateau les trouvaient très bizarres, ayant du mal à associer ce goût trop connoté Unagi (anguille grillée) avec le chocolat.

Sinon, j'ai mon boom Youtube pour les recettes de cuisine, notamment celles qui utilisent des ingrédients japonais et qui sont commentées en français. Merci. Il faut dire, sincèrement, que de lire, écouter et parler le Japonais, cette langue aux antipodes de la notre, à longueur de temps me sort par les ... narines on va dire. C'est épuisant. Oui, même après tant d'années pour moi. Peut-être suis-je un cas rare...

 

Et, comme parfois, l'une de mes étudiantes m'a demandé de lui conseiller un nom sympathique en français pour le nouveau café que son fils va ouvrir à Kobé. Oui, dans cette ville très connotée "parfum d'Occident", exotique pour les Japonais, il est très élégant de nommer les cafés, restaurants dans notre belle langue. "Vous savez Sensèi (professeur), me dit-elle, ce n'est pas une pièce énorme, c'est tout petit, et il voudrait une ambiance conviviale, familiale où l'on se sente chez soi, avec une note de style, d'élégance.. Il voudrait faire l'intérieur tout en bois, où il servira le très bon café qu'il sait préparer, ainsi que des crêpes, sa spécialité. Il cherche un nom... qui évoque tout ça. Vous avez une idée?".

Tout de suite, il me vient à l'esprit quelque chose de simple, avec des mots français que les Japonais connaissent bien et pas trop difficiles à prononcer, évoquant pour moi un endroit petit, simple et symathique : Le petit café. Elle semble enchantée et s'en va en parler à son fils.

La semaine suivante, elle m'interpelle dans le couloir avec un air dépité. "Je suis vraiment désolée Sènsèi, parce que le nom de café que vous aviez proposé n'a pas plu à mon fils." Oh cela ne me surprend pas, j'ai l'habitude."Vous savez, dit-elle, pour les Japonais, les articles"le"ou"la"donnent une connotation trop "jeune fille". Or, mon fils voudrait attirer TOUS les gens, quelque soient leur sexe et leur âge. Vous comprenez? ""Non". Elle poursuit "Il compte finalement l'appeler: Alutché"Je ne comprends absolument pas le sens de ce mot qu'elle me certifie français, répétant le mot avec tous les accents qu'elle est capable de produire, de grands gestes des bras, jusqu'à ce qu'elle me l'écrive : Arche. Je lui dis que ça ne se prononce pas comme ça. Ca ne fait rien. Son fils aurait choisi ce nom pour plusieurs raisons à mon sens assez incongrues, mais l'essentiel est bien entendu que cela lui plaise à lui, le tenant du café. Alors, d'abord, comme il est de confession chrétienne, il voulait quelque chose de biblique. Il a donc pensé à l'Arche de Noé, et, étant donné que tout sera en bois... Personnellement, je verrais plutôt quelque chose en rapport avec des animaux, un zoo... mais bon... Et pas question donc, d'y apposer un article défini comme: L'Arche. Ensuite, le monsieur s'appelle Akira et souhaitait aussi quelque chose évoquant son prénom. Mouais. Je lui ai alors demandé "pourquoi pas tout simplement : Café chez Akira?". "Non non, c'est très ringard ça". Ah! Bon. Toute cette logique japonaise me semble bien tirée par les cheveux, tout comme ces jardins que je viens de visiter où des rochers quelconques étaient censés représenter des tigres traversant une rivière, et d'autres une grue et une tortue, mais, enfin, l'essentiel est que cela leur parle à eux, avec leur structures de codes et d'images qui diffèrent totalement des notres, nous Occidentaux. Elle se confond en excuses. Mais qu'elle ne s'inquiète pas, ça ne m'étonne vraiment pas du tout. Les gens ne prennent JAMAIS les noms que je leur propose. Les japonais ont adopté et utilisent notre langue à leur sauce, c'est comme ça! Même si souvent, on en reste comme deux ronds de flan!

C'est comme ce salon de coiffure qui s'appelait Mont Rose (prononcer : Monnto Lozè) parce que le tenant... aimait le vin rosé! Et cet autre, une chaine, qui s'appelle : Verge(!?), écrit en grand sur les devantures (prononcer: bèludgè). Je me demande bien ce que peut aimer le patron pour le motiver à baptiser ses salons ainsi... Non, quand même pas!! Ce doit sans doute être quelque chose de tout à fait innocent, comme toujours! Bon, allez, on ne va pas s'étendre sur le franponais, on pourrait en écrire une encyclopédie. Je vais m'arrêter pour aujourd'hui.

Bel été à tous!

Kansaijin

 

 

Le 10 mai 2017

Voilà, les élections présidentielles sont terminées. Je suis allée voter au bureau de l'Institut franco-japonais de Kyoto, après cette campagne riche en rebondissements que j'avais suivie. Les principaux candidats nous avaient envoyé, à nous, Français de l'étranger, des courriels, parfois des vidéos pour nous interpeller. Je suis heureuse qu'ils ne nous aient oubliés.  "Vous êtes le rayonnement de la France à travers le monde", ont-ils dit. Une grande part de raccolage bien entendu, mais j'avoue que cela m'a portée, moi qui, même si je poursuis ma route, essayant de me réaliser au maximum du possible le plus positivement que je le peux, ressens tout de même parfois quelques passages à vide, me demandant ce que je fais ici...

Comme à chaque début avril, je suis allée voir les fleurs de Sakura en retard de plus d'une semaine ce printemps. Du jamais vu depuis que je suis au Japon. Aaah, ces nuages, ces volutes de fleurs tendres, caresses pour les yeux, léger parfum à peine perceptible... Chaque année je réalise combien tout cela est saisissant de beauté! Des fenêtres des trains parfois, on voyait défiler des dizaines d'arbres en pleine floraison, c'était magnifique! Et la plupart des gens assis sur les banquettes restaient les yeux rivés sur leur smartphone...

Je suis allée pour la première fois cette année voir les cerisiers en fleurs du bord de la rivière Yodogawa, à Osaka, avec ses "bateaux-mouches" très prisés à cette époque. Avec une bonne amie japonaise, nous avons beaucoup parlé, marchant, buvant une bière dans une petite gargotte de plein air face à la rivière. Elle était très ennuyée de DEVOIR aller voir un match de base-ball avec son mari et ses beaux-parents passionnés par ce sport.Son billet avait été acheté sans lui demander son avis alors qu'elle n'aime pas le base ball, et le temps passé avec ses beaux parents relève de la corvée. Pour elle, ce sont des mauvais moments à passer en serrant un peu les dents et en se forçant à sourire, quelque chose qu'elle leur doit, de l'honorable "gaman"(persévérance, sacrifice) qui ferait partie du rôle de la O Yomé-san (femme du fils). Non, il serait mal venu de parler de ces dispositions négatives à son mari. La démocratie dans le couple ne semble pas exister au Japon! Faire semblant, le déni de soi pour faire plaisir, une preuve d'amour parait-il...Et cela me rappelle une autre amie, à Nagoya, japonaise aussi, qui ne supporte pas sa belle-soeur qui s'invite très souvent arbitrairement chez elle. Et, non, surtout, son mari ne doit pas le savoir. Il lui en voudrait! Sa femme n'a pas le droit d'éprouver quelque sentiment négatif envers sa soeur qu'il adore. Elle a même peur qu'il ne la quitte pour cela! Personnellement, j'y vois un grand manque de considération envers la personne censée être un partenaire de vie...! C'est incroyable! Mais c'est comme-ça, me dit-on. Il paraitrait que j'échapperais à ce schéma parce que je suis une Gaijine, une Occidentale!

K, la cinquantaine, me dit qu'elle adore Edith Piaf. Je la trouve tout de même un peu jeune pour ça mais... "Dieu réunit ceux qui s'aiment". Cette phrase de la chanteuse la touche particulièrement, parce qu'au Japon, l'"amour" est une notion tellement surréaliste!

Voilà, et, dans un magasin à 100 yen (un peu moins d'un euro aujourd'hui), comme on en trouve énormément au Japon, j'ai trouvé un ustensile de cuisine génial. Je ne sais pas comment l'appeler, mais il permet de laver le riz et de filtrer l'eau ensuite sans en perdre un grain et tout cela SANS SE MOUILLER LES MAINS!

 

 

 

Voilà à quoi il ressemble. On lave d'abord le riz avec son extrémité, chose que l'on fait d'habitude en écartant les doigts et en faisant pivoter énergiquement la main, puis on jette l'eau, et là, la barrière du milieu bloque les grains qui pourraient s'échapper!Voilà à quoi il ressemble. On lave d'abord le riz avec son extrémité, chose que l'on fait d'habitude en écartant les doigts et en faisant pivoter énergiquement la main, puis on jette l'eau, et là, la barrière du milieu bloque les grains qui pourraient s'échapper!Voilà à quoi il ressemble. On lave d'abord le riz avec son extrémité, chose que l'on fait d'habitude en écartant les doigts et en faisant pivoter énergiquement la main, puis on jette l'eau, et là, la barrière du milieu bloque les grains qui pourraient s'échapper!

Voilà à quoi il ressemble. On lave d'abord le riz avec son extrémité, chose que l'on fait d'habitude en écartant les doigts et en faisant pivoter énergiquement la main, puis on jette l'eau, et là, la barrière du milieu bloque les grains qui pourraient s'échapper!

A bientôt!

Kansaijin

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Lisette 16/05/2017 02:10

C'est toujours sympa de te lire. J'attends toujours tes prochains articles qui me font voyager et retrouver le Japon où j'ai passé quelques semaines et que j'ai adoré. Bisous de France !